Quelles sont les différentes étapes d’installation d’un panneau solaire ?
Zoom sur les différentes étapes à connaitre !
De plus en plus de foyers et de copropriétés s’intéressent à l’énergie solaire pour réduire leur facture d’électricité et s’engager en faveur de l’environnement. Pourtant, se lancer dans la pose de panneaux solaires ne s’improvise pas. Entre l’étude initiale, la sélection du matériel, la fixation sur le toit et le raccordement au réseau, chaque phase nécessite méthode, rigueur et maîtrise technique. Pour mieux comprendre le déroulement complet d’une installation de panneau solaire, il est essentiel de se pencher sur chaque étape clé du processus, en tenant compte des contraintes techniques, de la sécurité et de l’entretien à prévoir par la suite.
Savoir si son habitation est compatible avec une installation photovoltaïque
Avant d’entamer la moindre démarche, une première étape cruciale consiste à déterminer l’adéquation de l’habitat avec une installation solaire. Toutes les maisons ne se prêtent pas systématiquement à la pose de panneaux photovoltaïques. Plusieurs critères sont à examiner : l’orientation et l’inclinaison du toit, la superficie disponible, l’absence d’ombres portées (arbre, cheminée, immeuble voisin), mais aussi la robustesse de la toiture. En copropriété, la possibilité de mettre en place des panneaux solaires collectifs doit aussi être étudiée sur le plan juridique et technique.
Un diagnostic précis permettra de vérifier si votre bâti entre dans la catégorie des maisons compatibles pour recevoir une installation. Par exemple, un toit orienté plein sud, légèrement incliné et dégagé de toute source d’ombrage maximisera la production d’énergie. Pour un logement individuel, il s’agit également de s’assurer que la charpente supportera le poids supplémentaire des panneaux et de l’ossature porteuse. Enfin, dans le cas d’une copropriété, toute pose doit recueillir l’accord de la majorité en assemblée générale.
Étude de faisabilité et planification de l’installation solaire
Une fois la compatibilité vérifiée, l’étape suivante est l’étude de faisabilité. Cette démarche, généralement confiée à un installateur qualifié, permet de réaliser un bilan précis des besoins énergétiques, de quantifier la puissance nécessaire et de concevoir le schéma d’installation. Elle tient compte de la consommation électrique du foyer, du potentiel d’ensoleillement de la zone, du type de panneaux envisagés et des réglementations locales.
La planification de l’installation intègre la sélection du matériel nécessaire : modules photovoltaïques, onduleur, boîtier de protection, système d’intégration au bâti, câblage et accessoires électriques. Le professionnel doit aussi anticiper la meilleure disposition des panneaux sur le toit, en évitant les zones de faible rendement. À cette étape, le schéma d’installation permet de visualiser l’implantation, le trajet des câbles, ainsi que la localisation des systèmes de raccordement et de comptage.
Ce travail préparatoire est fondamental : il précise le devis, fixe le calendrier, détermine la durée du chantier et garantit le respect des normes de sécurité électrique et de construction.
Les démarches administratives à accomplir avant la pose
L’installation d’un système solaire requiert un certain nombre de formalités pour être en conformité avec la législation française. Il s’agit notamment de :
- Déclarer les travaux auprès de la mairie via une déclaration préalable, indispensable pour modifier l’aspect extérieur d’un bâtiment.
- Obtenir l’accord des Architectes des Bâtiments de France si la zone est classée ou protégée.
- En copropriété, soumettre le projet et obtenir l’approbation lors d’une assemblée générale.
- Pour une installation connectée au réseau, signer une convention d’autoconsommation ou de revente avec le gestionnaire de réseau (Enedis), et obtenir le certificat de conformité Consuel après installation.
Anticiper ces démarches administratives permet d’éviter toute interruption du chantier, des retards non planifiés, voire des sanctions ultérieures.
Préparation du chantier et sécurité de l’installation
La préparation en amont du chantier est primordiale pour garantir la sécurité des intervenants et la pérennité de l’installation. Elle comporte la sécurisation des accès au toit à l’aide d’équipements de protection individuelle (EPI) : harnais, lignes de vie, casques et gants, ainsi que la pose éventuelle d’un échafaudage.
Le professionnel débute par repérer les éléments du toit pouvant poser problème : tuiles fragiles, présence d’amiante, descentes de gouttières, etc. Le chantier doit être balisé pour empêcher tout accès non autorisé et éviter les chutes d’objets. Le matériel nécessaire à l’installation des panneaux solaires est stocké à proximité, protégé des intempéries.
Par ailleurs, une attention particulière est portée à l’état de la toiture. Une inspection préalable peut conduire à préconiser des réparations ou un renforcement de la charpente, surtout si celle-ci est ancienne ou affaiblie.
Fixation et pose des panneaux solaires : déroulement technique
La pose effective des panneaux solaires s’effectue selon un protocole précis, que ce soit pour des modules installés sur une toiture, une terrasse ou simplement au sol. L’une des premières opérations consiste à marquer l’emplacement des fixations selon le schéma d’installation validé en amont. Ces fixations varient en fonction du type de couverture (tuiles, ardoises, bac acier) mais leur rôle est toujours de solidariser solidement les panneaux à la structure sans affaiblir l'étanchéité.
Les étapes clés de la pose sont :
- Mise en place des rails de fixation ou de l’ossature porteuse.
- Fixation des systèmes d’intégration (pour les panneaux en surimposition ou intégrés au bâti).
- Pose des panneaux eux-mêmes, qui sont alors vissés ou clipsés sur la structure.
- Installation des câblages électriques, minutieusement dissimulés pour limiter les pertes et l’exposition aux UV.
La fixation des panneaux solaires doit répondre à des contraintes mécaniques élevées (vent, neige, dilatations thermiques). Des contrôles périodiques sont effectués durant la pose pour s’assurer de la planéité de l’ensemble et de la parfaite stabilité des modules.
Raccordement électrique : une étape sensible
Après la pose, vient le raccordement électrique. Celui-ci est un segment technique central de la procédure d’installation. Les panneaux sont connectés en série ou en parallèle selon la configuration, puis reliés à l’onduleur, appareil indispensable qui convertit le courant continu produit en courant alternatif exploitable par le réseau domestique.
Le câblage entre les modules et l’onduleur respecte des normes strictes pour éviter les risques de surchauffe, d’arc électrique ou de défaillance. Il comprend :
- La pose de protections différentielles et de disjoncteurs adaptés.
- L’intégration d’un parafoudre pour sécuriser l’installation en cas d’orage.
- Le raccordement au tableau électrique du bâtiment, selon un schéma qui garantit l’absence de retour de courant dangereux.
Lorsque les panneaux solaires collectifs sont envisagés, la configuration du raccordement diffère légèrement car la répartition de l’électricité doit tenir compte des besoins de chaque logement et d’un système de comptage individuel ou réparti.
Mise en service et tests de conformité
La mise en service est la phase finale avant la production d’électricité solaire. Elle implique d’effectuer une série de tests mécaniques et électriques pour valider la bonne installation. L’ensemble du chantier fait l’objet d’une inspection minutieuse. Celle-ci vérifie :
- L’intégrité des fixations sur le toit.
- L’étanchéité de la couverture.
- La continuité électrique des câbles et des connexions.
- Le bon fonctionnement de l’onduleur.
Un électricien agréé procède aux mesures de tension, de courant et de rendement des panneaux. Une fois tous les points contrôlés, le certificat de conformité (Consuel) peut être remis, condition sine qua non pour autoriser l’injection de courant sur le réseau public.
Le gestionnaire de réseau effectue enfin la synchronisation et active l’accès à l’autoconsommation ou à la vente d’électricité, selon ce qui a été retenu. La documentation de l’installation et un schéma clair des connexions sont remis au propriétaire pour faciliter la maintenance future.
Maintenance et suivi après l’installation
L’installation de panneaux solaires s’inscrit dans la durée : leur rendement dépend d’un entretien régulier et d’une surveillance appropriée. Un contrat de maintenance annuel est recommandé pour prévenir les pertes de performance liées à l’accumulation de saletés, l’usure des composants ou une éventuelle dégradation électrique.
L’entretien comprend notamment :
- Le nettoyage périodique de la surface des modules pour enlever poussières, mousses et fientes d’oiseaux.
- L’inspection visuelle des fixations et de la toiture pour détecter toute défaillance.
- Le contrôle de l’onduleur et du câblage pour anticiper les pannes et limiter les pertes parasites.
- La vérification de la production d’énergie via les systèmes de suivi ou de monitoring.
En outre, certaines installations récentes proposent une surveillance à distance : un signal d’alerte est envoyé en cas de baisse de rendement ou de défaillance d’un module. Cela permet d’optimiser la longévité du système et d’amortir plus rapidement l’investissement.
Aspects de sécurité autour de l’installation solaire
Garantir la sécurité de l’installation est un impératif, tant au moment de la pose qu’au fil du temps. Cela concerne à la fois la sécurité électrique (risques de courts-circuits, d’électrisation), la sécurité incendie (respect des distances, installation de coupe-circuits) et la prévention des chutes lors des interventions sur le toit.
Tous les équipements utilisés répondent aux normes européennes en vigueur (CEI, NF, ISO). L’installateur a pour obligation de former les occupants aux gestes essentiels en cas de dysfonctionnement, notamment l’arrêt d’urgence et l’isolation du système solaire.
Les éventuels travaux ultérieurs en toiture (entretien, réparation, entretien de la cheminée) devront impérativement être réalisés avec précaution afin de ne pas endommager les modules ou les connexions électriques.
Zoom sur le matériel nécessaire pour installer des panneaux solaires
Pour assurer une installation conforme, il est essentiel de choisir chaque composant avec discernement. Le matériel de base comprend :
- Des modules photovoltaïques choisis pour leur rendement, leur capacité et leur robustesse.
- Une ossature ou des rails de fixation adaptés à la pente et à la couverture du toit.
- Un onduleur centralisé ou des micro-onduleurs, selon la taille du système : ils convertissent l'énergie produite en courant alternatif.
- Un boîtier de protection électrique avec disjoncteurs et parafoudre.
- Le câblage spécifique, résistant aux UV et aux intempéries.
- Les systèmes de comptage (compteur de production et, le cas échéant, compteur de vente).
Chaque élément doit absolument correspondre aux normes en vigueur, et être installé de façon à faciliter les futures interventions de maintenance.
Installer des panneaux en copropriété ou en logement individuel : spécificités
L’installation de panneaux solaires en copropriété implique un mode de gestion spécifique. Le projet doit être accepté en assemblée générale, et le dimensionnement tient compte de la surface commune disponible ainsi que du partage équitable de l’énergie produite.
Dans le cas d’une installation individuelle, le propriétaire gère seul les démarches administratives, la maintenance, et profite de la totalité de l’électricité produite, en autoconsommation ou revente. Les maisons compatibles doivent néanmoins respecter certaines contraintes techniques pour garantir la fiabilité de l’installation sur le long terme.
Pour cette raison, il est essentiel de se faire accompagner d’un professionnel reconnu pour réaliser une étude approfondie, de l’expertise de la toiture au dimensionnement du système, afin d’assurer la sécurité et la performance énergétique souhaitées.
Les erreurs à éviter lors de l’installation d’un système solaire
Malgré une préparation rigoureuse, certaines erreurs peuvent compromettre l’efficacité de l’installation : mauvaise orientation ou inclinaison des modules, ombrages non anticipés, sous-dimensionnement des composants électriques ou négligence de la ventilation des onduleurs. Il est aussi fréquent que les raccordements soient réalisés sans respecter la distance minimale de sécurité ou sans protection contre la surtension, avec des conséquences potentielles sur la sécurité électrique.
Une autre erreur récurrente consiste à négliger la maintenance après l’installation : sans suivi de la production, une baisse de rendement peut passer inaperçue et diminuer la rentabilité de l’investissement.
Avant chaque mise en service de panneaux solaires, un contrôle final doit être systématiquement fait pour vérifier l’ensemble des paramètres : fixations, câble, ventilation, protections, performances électriques.
Le retour sur investissement et la gestion à long terme
Au-delà de la simple pose, réussir l’installation photovoltaïque suppose d’envisager sa gestion sur plusieurs années. La rentabilité de l’opération dépendra de la qualité initiale de la pose, mais aussi de la régularité de l’entretien, de la rapidité des interventions correctives et de la capacité à anticiper le vieillissement des composants (notamment l’onduleur qui présente une durée de vie plus limitée que les modules eux-mêmes).
Un suivi régulier, à l’aide de tableaux de bord ou d’applications mobiles, permet de détecter rapidement toute anomalie de production, de planifier efficacement les opérations de maintenance et ainsi de garantir la performance de l’installation sur la durée.
FAQ
Un particulier peut-il poser lui-même ses panneaux solaires ?
Il est en théorie possible de réaliser seul l’installation de petits kits solaires plug-and-play, mais pour un système raccordé au réseau, le recours à un installateur certifié est fortement recommandé pour assurer la sécurité, la conformité réglementaire et la longévité de l’installation. De plus, cela conditionne l’éligibilité aux aides et subventions publiques.
Combien de temps dure l’installation d’un système photovoltaïque résidentiel ?
Pour une habitation individuelle, il faut compter entre 2 et 5 jours de chantier selon la complexité du toit et l’étendue de l’installation. Les délais peuvent être allongés par la météo ou par la gestion des démarches administratives.
Comment optimiser la production solaire après la mise en service ?
Veiller à l’entretien régulier des panneaux, surveiller leur rendement, éviter le développement d’ombres (végétation, construction voisine) et remplacer rapidement les éléments défectueux permet de maximiser la quantité d’énergie récoltée et d’accroître durablement le retour sur investissement.
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