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Installation solaire avec Linky : comment ça fonctionne ?
Ce que fait vraiment le compteur Linky avec une installation solaire
Le rôle du Linky est de mesurer les échanges d’énergie entre votre logement et le réseau. C’est un compteur bidirectionnel : il additionne séparément ce que vous soutirez (consommez depuis le réseau) et ce que vous injectez (le surplus non consommé de votre production photovoltaïque).
- L’index de soutirage s’incrémente quand votre consommation dépasse votre production instantanée. Il alimente la facturation de votre fournisseur d’électricité.
- L’index d’injection s’incrémente quand vos panneaux produisent plus que vos usages du moment. Il sert à la facturation de la revente (vente de surplus) si vous avez un contrat d’obligation d’achat.
Point essentiel : le Linky ne mesure pas la production des panneaux en tant que telle. Il ne “voit” que ce qui passe la frontière avec le réseau. Pour connaître votre production totale, vous utilisez soit l’interface de l’onduleur ou des micro-onduleurs, soit un compteur de production dédié.
Au quotidien, Linky n’a pas besoin d’accessoires pour autoriser l’autoconsommation. Il fonctionne de manière transparente avec un onduleur raccordé réseau, y compris avec des micro-onduleurs. La synchronisation se fait naturellement sur la fréquence du réseau (50 Hz) et l’onduleur se cale automatiquement sur la tension et la phase locales.
Autoconsommation, vente de surplus, injection totale : ce que change Linky
Trois cas d’usage coexistent, et le compteur s’y adapte sans intervention physique la plupart du temps.
- Autoconsommation avec vente de surplus. Vous consommez en priorité votre production. Le surplus part sur le réseau et l’index d’injection enregistre ces kWh. La facturation de l’injection s’appuie sur cet index, dans le cadre d’un contrat d’obligation d’achat (EDF OA Solaire ou autre acheteur agréé). Cette option ouvre droit à la prime à l’autoconsommation, versée en plusieurs échéances.
- Injection totale. Toute la production est vendue. L’installation est raccordée en “production pure” et ne couvre pas vos usages. Le Linky enregistre ici l’intégralité de l’énergie envoyée au réseau côté index d’injection.
- Autoconsommation sans injection (zéro injection). Le surplus ne doit jamais partir sur le réseau. On met alors en œuvre un limiteur d’injection ou un paramétrage de l’onduleur en zéro export, souvent via une pince de mesure ou la téléinformation. Dans ce cas, l’index d’injection reste à zéro et l’accord réseau est formalisé par une Convention d’Autoconsommation Sans Injection (CACSI).
Dans les deux premiers scénarios (surplus ou injection totale), la gestion administrative inclut un contrat d’accès et d’exploitation au réseau et, pour la vente, un contrat d’obligation d’achat. Linky est programmé à distance pour les profils adéquats lors de la mise en service.
Lecture des index et suivi : écran du Linky et téléinformation
Le compteur donne l’essentiel à deux niveaux : à l’écran et via sa prise de téléinformation (TIC).
Lire les index au compteur
L’afficheur propose un défilement de données. Selon les versions de firmware, la terminologie varie, mais vous retrouvez systématiquement :
- l’index de consommation cumulée (votre soutirage) en kWh, avec éventuellement la séparation Heures Pleines/Heures Creuses ;
- l’index d’injection cumulée (ce que vous avez exporté), distinct et lui aussi en kWh ;
- des indications de puissance instantanée et de sens d’énergie, permettant de voir si vous consommez ou si vous injectez à l’instant T.
Astuce pratique : pour suivre une journée type, notez vos index le matin et le soir. La différence d’injection vous donne les kWh exportés dans la journée. Couplée à la mesure de production de l’onduleur, cette donnée permet de calculer un taux d’autoconsommation fiable.
Téléinformation : modes, prise TIC et lecteurs
La téléinformation client (TIC) est la sortie de données temps réel du Linky. C’est une interface série basse vitesse accessible sur les bornes dédiées du compteur (généralement I1/I2), parfois appelée “prise TIC”. Elle transmet, en continu, des trames numériques comprenant, entre autres, les index, la puissance instantanée et des statuts.
Deux modes existent :
- Mode historique. Hérité des anciens compteurs, débit faible et trames simples. Très répandu, compatible avec la plupart des lecteurs TIC traditionnels.
- Mode standard. Trames plus riches, débit plus élevé, variables additionnelles comme la puissance instantanée côté injection sur certains profils. Idéal pour des usages de pilotage avancé.
Le mode est paramétré à distance par Enedis. Il peut être ajusté sur demande, sans intervention physique. Beaucoup d’équipements (passerelles domotiques, gestionnaires d’énergie, onduleurs compatibles) se raccordent directement à la TIC. Un lecteur téléinfo pour Linky permet, par exemple, d’enregistrer courbe de charge, soutirage et injection, et de transmettre ces données à un système domotique pour du pilotage intelligent.
Bon à savoir : la courbe de charge consolidée (pas de 30 minutes) est consultable sur l’espace client du gestionnaire de réseau. On y voit la consommation, et, selon les cas, l’injection. Pour des besoins minute par minute (routeur, limiteur d’injection), la TIC est la source réactive la plus adaptée.
Calculer son taux d’autoconsommation
- Production totale = donnée onduleur (ou compteur de production).
- Injection = différence d’index d’injection Linky sur la période.
- Autoconsommée = Production – Injection.
- Taux d’autoconsommation = Autoconsommée / Production.
Sans donnée onduleur, il est difficile d’estimer la production réelle, car Linky ne voit que ce qui sort vers le réseau.
Onduleurs, micro-onduleurs et interaction avec le réseau
Côté matériel, le compteur ne change pas la nature électrique de l’installation. Mais l’onduleur, lui, doit être dimensionné, paramétré et conforme.
Synchronisation réseau et anti‑îlotage
Un onduleur raccordé réseau se synchronise automatiquement sur la tension et la fréquence locales. Il injecte en phase et s’arrête instantanément en cas de coupure ou d’anomalie réseau : c’est la fonction d’anti‑îlotage, obligatoire. Les onduleurs récents sont conformes aux référentiels en vigueur (notamment NF EN 50549 ou équivalents) ; cela signifie qu’ils respectent les enveloppes de tension/fréquence et les temps de découplage exigés par le gestionnaire de réseau.
Les micro‑onduleurs se comportent de la même manière, à l’échelle de chaque module photovoltaïque. Ils agrègent leur production sur le circuit AC du logement ; le Linky, situé en limite de propriété, se contente de mesurer l’échange global.
Limiteur d’injection et paramétrage “zéro injection”
Pour une autoconsommation sans injection, deux approches dominent :
- un limiteur d’injection externe, typiquement un gestionnaire d’énergie qui lit la téléinformation ou une pince ampèremétrique et ajuste en temps réel la puissance de l’onduleur ;
- un paramétrage de l’onduleur en zéro export, quand le fabricant l’autorise, avec un capteur de courant au point de livraison.
Important : Linky ne bloque pas lui‑même le flux d’énergie. Il se contente de mesurer. L’absence d’injection est rendue possible par la régulation de l’onduleur. En cas de contrat CACSI, Enedis peut contrôler que l’index d’injection reste nul.
Communication et pilotage via la TIC
Plusieurs onduleurs et systèmes de gestion s’appuient sur la TIC pour :
- adapter la puissance injectée en fonction du soutirage instantané ;
- piloter une batterie ou délester certaines charges ;
- déclencher un routeur solaire (prioriser le ballon d’eau chaude, par exemple).
Un routeur solaire compatible Linky lit la puissance nette au point de livraison et module, en quelques centaines de millisecondes, la charge résistive pour absorber le surplus. Résultat : zéro kWh exporté en pratique, un index d’injection stable, et une meilleure valorisation de la production.
Spécificités en triphasé
Le triphasé introduit des subtilités qu’il faut anticiper dès la conception.
Choix de l’onduleur et équilibrage des phases
- Jusqu’à environ 6 kVA de puissance d’onduleur, un raccordement monophasé est souvent admis sur une installation domestique, même si le site est alimenté en triphasé, sous réserve d’un bon équilibrage des charges.
- Au‑delà, un onduleur triphasé est généralement requis pour répartir l’injection et limiter les déséquilibres de tension.
En triphasé, le Linky additionne les flux des trois phases pour les index globaux, mais le dimensionnement réseau s’apprécie phase par phase. Un onduleur connecté sur une seule phase peut provoquer des élévations de tension locales si la phase est très peu chargée, ce qui conduit à des décrochages. D’où l’intérêt, pour des puissances significatives, d’injecter de manière symétrique sur les trois phases ou de répartir des groupes de micro‑onduleurs.
Lecture des index et puissance injectée
Même en triphasé, les index de soutirage et d’injection restent uniques (cumul des trois phases). Pour un diagnostic fin, des solutions de monitoring ou la TIC en mode standard permettent d’observer la puissance instantanée par phase selon les équipements, et donc d’optimiser l’équilibrage.
Raccordement et mise en service côté Enedis
Au‑delà de la technique, la réussite d’un projet repose sur des démarches claires avec le gestionnaire de réseau.
Les étapes clés à connaître
- Étude et dimensionnement. L’installateur vérifie la compatibilité électrique (abonnement, section des conducteurs, protections existantes) et conçoit le schéma de raccordement au tableau.
- Demande de raccordement Enedis. Dossier en ligne avec descriptif de l’installation, puissance d’onduleur, schéma unifilaire et données administratives. Enedis émet une proposition, puis programme la mise en service.
- Attestation Consuel photovoltaïque. Obligatoire pour valider la conformité électrique de l’installation avant toute mise sous tension côté production.
- Convention d’accès/exploitation. Selon le cas : convention d’autoconsommation avec injection (vente de surplus), convention de raccordement en injection totale, ou CACSI en zéro injection.
- Mise en service Linky. Paramétrage à distance du compteur et activation du point de production. Aucun déplacement n’est nécessaire dans la majorité des cas.
- Contrat d’obligation d’achat. En cas de vente, signature avec l’acheteur obligé (EDF OA Solaire, par exemple). La facturation s’appuie ensuite sur l’index d’injection du Linky.
Le versement de la prime à l’autoconsommation est conditionné au choix “autoconsommation avec vente de surplus” et au respect des règles en vigueur. Les tarifs d’achat du surplus photovoltaïque sont fixés par arrêté et évoluent périodiquement.
Zéro injection : le cas de la CACSI
Si vous optez pour une autoconsommation sans injection, la CACSI formalise l’absence d’export vers le réseau. Un limiteur d’injection ou un paramétrage adéquat de l’onduleur est incontournable. L’index d’injection du Linky doit demeurer nul ; des contrôles peuvent être réalisés, et des décrochages intempestifs signalent souvent un mauvais réglage du limiteur ou une latence excessive du pilotage.
Délais et bonnes pratiques
Les délais de traitement varient selon la charge locale. Anticiper la demande de raccordement, tenir à jour les documents (schéma unifilaire, fiches techniques, certificats de conformité de l’onduleur) et planifier la visite Consuel évitent la plupart des retards. La mise en service se fait souvent peu après la réception de l’attestation Consuel et la validation de la convention.
Protections et conformité électrique
Un champ photovoltaïque est une source de courant. La sécurité impose une chaîne de protection adaptée, conformément à la NF C 15‑100 et aux guides d’application spécifiques au photovoltaïque.
Schéma type côté courant continu et courant alternatif
- Côté DC. Sectionneur cadenassable pour isoler les strings, protection contre les surtensions (parafoudre DC) si l’évaluation de risque le prescrit, câbles et connecteurs adaptés, repérage clair.
- Côté AC. Disjoncteur courbe appropriée sur la liaison onduleur‑tableau, interrupteur‑sectionneur, protection différentielle (type A a minima selon la technologie, type B si exigé par le fabricant), parafoudre AC si nécessaire selon le régime de surtension local.
- Au point de livraison. Dispositif de coupure d’urgence accessible, étiquetage de la présence de production décentralisée, schéma de raccordement Linky photovoltaïque à jour dans le tableau.
Les onduleurs intègrent l’anti‑îlotage, ce qui évite l’ajout d’un dispositif externe dans la plupart des configurations résidentielles. Toutefois, respectez strictement les notices fabricants et les prescriptions Enedis pour le raccordement, notamment en triphasé.
Mesure, facturation et données : qui voit quoi et comment
La clarté des flux administratifs repose sur des mesures robustes et une bonne compréhension des rôles.
Index d’injection et facturation de la revente
- En cas de vente de surplus ou d’injection totale, le relevé de l’index d’injection du Linky sert de base à la facturation. Avec les compteurs communicants, ce relevé est automatisé.
- L’acheteur d’électricité (par exemple EDF OA) établit le règlement selon le tarif d’achat applicable, sur la période considérée. Gardez un relevé annuel de vos index en propre pour vérification croisée.
Le compteur n’a pas vocation à afficher votre production brute. Pour analyser vos performances, utilisez les données onduleur (ou micro‑onduleurs) et, idéalement, couplez‑les à la TIC pour reconstituer l’autoconsommation, l’injection et le soutirage en pas fin.
Erreurs fréquentes et diagnostic
- Mauvaise lecture des index. Ne confondez pas l’index de soutirage et celui d’injection. Leur cumul indique des réalités différentes.
- Latence du limiteur d’injection. Des exportations accidentelles apparaissent à la faveur de nuages rapides si la régulation n’est pas assez réactive. Un routeur ou un limiteur utilisant la TIC améliore nettement la précision.
- Déséquilibre en triphasé. Un onduleur monophasé puissant sur une seule phase peut provoquer des décrochages. Répartissez la production ou optez pour un onduleur triphasé.
- Mode TIC inadapté. Certains lecteurs ou gestionnaires d’énergie exigent un mode spécifique (historique ou standard). En cas de dysfonction, vérifiez ce réglage auprès d’Enedis et du fabricant du matériel.
Batteries et délestage : comment le Linky s’insère dans la stratégie énergétique
Le stockage n’est pas visible en tant que tel par le Linky ; il ne mesure toujours que l’échange global avec le réseau. Cependant, l’association batterie + TIC ouvre des optimisations intéressantes.
Gestion de batterie pilotée
Une batterie domestique peut être paramétrée pour :
- absorber le surplus photovoltaïque avant toute injection ;
- restituer en soirée pour réduire le soutirage ;
- fonctionner en “zéro export” en s’appuyant sur la mesure nette fournie par la téléinformation.
Ce pilotage, couplé à la courbe de charge, permet de caler des consignes fines (par exemple, maintenir la puissance au point de livraison entre –50 et +50 W) afin de lisser l’interaction réseau.
Délestage et priorisation des usages
La TIC alimente les automates de délestage. Chauffe‑eau, pompe à chaleur, recharge d’un véhicule électrique : on peut orchestrer ces usages selon la production solaire, les signaux tarifaires et la puissance souscrite, tout en limitant le dépassement de puissance apparente. Un “routeur solaire” déclenche le ballon lorsque l’injection menace d’apparaître, maximisant l’autoconsommation réelle.
Exemples concrets, chiffres à l’appui
Maison individuelle, autoconsommation avec surplus et routeur
- 6 kWc de modules, onduleur 5 kVA monophasé.
- Paramétrage en injection autorisée, contrat d’obligation d’achat signé.
- Routeur solaire sur le ballon d’eau chaude, lecture via TIC en mode historique.
Résultat typique sur une journée ensoleillée d’été :
- Production journalière onduleur : 34 kWh.
- Injection Linky : 8 kWh.
- Autoconsommation : 26 kWh (avec ballon chauffé en priorité).
- Taux d’autoconsommation : 76 %.
- Le soir, la consommation résiduelle est couverte en partie par le creux tarifaire, mais le routeur a évité la majorité des exportations diurnes.
Habitat triphasé, micro‑onduleurs répartis
- 9 kWc en toiture, micro‑onduleurs tri répartis 3/3/3 kWc.
- Compteur Linky triphasé, abonnement 12 kVA.
- Monitoring via TIC en mode standard pour suivre la puissance par phase.
Résultats :
- Pas de décrochage lié à la tension, injection équilibrée.
- Index d’injection agrégé, facturation simplifiée.
- La gestion de charge déporte les usages sur la phase momentanément la plus “faible” quand c’est possible, limitant les déséquilibres.
Points de repère utiles pour un projet sans accroc
- Préparez le schéma de raccordement et anticipez la protection électrique. Un tableau propre et conforme évite les contre‑visites du Consuel.
- Validez le couplage onduleur–TIC. Un câble téléinfo correctement câblé, un mode cohérent (historique/standard) et un lecteur compatible font gagner des heures de mise au point.
- Pensez aux usages pilotables. Un routeur solaire ou un gestionnaire d’énergie transforme un bon taux d’autoconsommation en très bon taux.
- En triphasé, raisonnez phase par phase. L’équilibrage est la clé de la stabilité.
- Sur le plan administratif, suivez l’ordre : demande de raccordement Enedis, travaux, Consuel, mise en service, puis, le cas échéant, contrat d’achat. La cohérence des documents fluidifie tout.
FAQ
Q1. Peut‑on afficher la production des panneaux directement sur le Linky ?
R1. Non. Le Linky ne mesure que les flux entre votre logement et le réseau : soutirage et injection. La production totale se lit sur l’onduleur (ou via un compteur de production). Pour reconstituer un bilan complet, combinez données onduleur et index d’injection.
Q2. Comment passer la téléinformation du mode historique au mode standard ?
R2. Le mode TIC est paramétré par le gestionnaire de réseau. La modification se fait à distance sur demande, sous réserve de compatibilité avec votre contrat et votre matériel. Assurez‑vous que votre lecteur ou votre onduleur supporte bien le mode cible avant d’en faire la demande.
Q3. Le Linky peut‑il empêcher l’injection en cas de zéro export ?
R3. Le compteur ne bloque rien ; il mesure seulement. L’absence d’injection est assurée par le limiteur d’injection ou par le paramétrage “zéro export” de l’onduleur, souvent pilotés grâce à la téléinformation. En convention CACSI, l’index d’injection doit rester à zéro, ce que le Linky permet de vérifier.
En somme, le compteur communicant n’est ni un frein ni un mystère : bien utilisé, il devient votre meilleur relais d’information. Comprendre la logique des index, exploiter la téléinformation et anticiper le raccordement Enedis sont les trois leviers qui rendent une installation solaire fiable, conforme et performante au quotidien.
